Restauration Véhicules Anciens

Petit guide de la restauration de véhicule ancien de collection

Sur le papier la restauration d’un véhicule de collection paraît simple, mais une fois lancé, quelques difficultés peuvent se mettre sur votre passage.

Dans ce guide, nous allons vous expliquer comment restaurer la carrosserie d’une voiture ancienne de collection.

Étape 1 : le choix du véhicule

Le choix du véhicule se fait en premier lieu sur son style. Vous avez déjà sûrement arrêté votre choix sur une marque et un modèle précis. Cependant, deux écoles se font face :

Les intraitables :

Les personnes qui veulent le maximum de l’originel, moteur bloqué ou non, pièces d’origine de préférence, carrosserie dans n’importe quel état.

Les conciliants :

Les personnes souhaitant rénover un véhicule de collection pour le plaisir, peu importe si les pièces sont d’origine ou non.

Les premiers devront être vigilants en ce qui concerne les pièces et leur provenance. En effet, même si certains véhicules comptent de nombreux adeptes, ceux ayant eu moins de succès ne disposent plus de production de pièces détachées. Vous devrez dans ce cas, compter sur la revente d’occasion, en espérant qu’un collectionneur veuille vendre ou sur des pièces adaptables.

Les seconds, quant à eux, devront s’assurer que le moteur est entier, ou tout du moins le plus possible, ainsi que non bloqué, ce qui leur permettra de se concentrer quasi uniquement sur la carrosserie.

Étape 2 : le diagnostic

Une fois la voiture de vos rêves dans votre garage, faites-en le diagnostic complet. Allumage ok, chauffe ok, démarrage ok, la partie moteur est bonne, le plus gros est déjà là.

Maintenant, la partie carrosserie. Vous avez remarqué lors de votre visite à son ancien propriétaire que la voiture avait quelques trous dans le plancher et des traces de rouille s’y sont incrustées. Des griffures, des éraflures, des taches de produits divers et variés ornent la carrosserie : il faut y remédier.

Étape 3 : la remise en état

Selon la matière de votre carrosserie ou des parties méritant réparation, il vous faudra utiliser différentes procédures :

- pour les carrosseries et éléments en fibre de verre ou plastiques polymères : sur les zones abîmées, vous pourrez utiliser de la toile émeri à gros grain pour former des rayures sur la surface. Ces rayures permettront la bonne adhérence du mastic que vous utiliserez pour reboucher les marques profondes et les trous.

- pour les carrosseries en tôle, il vous faudra mettre la tôle à nue avec de la toile émeri pour enlever le plus gros de la peinture et de l’apprêt. Puis, une fois fait, brossez si besoin à l’aide d’une brosse métallique les traces de rouille présentes jusqu'à totale disparition de celles-ci. Fignolez votre travail avec de la toile ayant un grain plus fin.

Qu’il s’agisse de trous de carrosserie, de rayures profondes ou superficielles, choisissez le mode de réparation qui ira le mieux, à savoir :

La soudure, si vous avez des trous importants (de l’ordre du centimètre au minimum) sur une carrosserie en métal, il vous faudra souder une pièce. La soudure offrira une meilleure protection et une plus grande solidité.

L’étamage, pour carrosseries en tôle uniquement. Utilisé pour reboucher les trous ou affiner le travail après une soudure. Il vous faudra alors procéder à la mise à nue d’une large partie de la tôle autour de la zone que vous souhaitez retoucher.

Une fois toute trace de peinture, d’apprêt, de rouille et de zinc enlevée, dégraissez la surface avec du diluant. Pour procéder à la suite, il vous faudra soit un chalumeau, soit un décapeur thermique.

Faites chauffer le décapeur pour qu’il puisse atteindre sa température maximale.

Appliquez sur la zone dégagée de la pâte à étamer. Chauffez cette pâte au décapeur ou au chalumeau, un changement de couleur doit s’opérer et des résidus doivent apparaître.

Avec un chiffon propre, nettoyez la pâte encore chaude. Vous découvrirez alors une surface lisse et brillante.

Chauffez votre baguette d’étain et la tôle de votre voiture doucement afin de les faire fusionner. Faites attention à ce que les deux éléments soient bien à la même température. C’est un simple coup de main à prendre.

Une fois l’étain déposé sur la carrosserie, avec une spatule, travaillez-le sur toute la surface pour qu’il puisse reboucher le trou et former une légère bosse à la place. Veillez bien à ne pas faire trop chauffer ni la tôle ni l’étain, ou vous pourriez vous retrouver avec une déformation de carrosserie et une flaque d’étain à ses côtés.

Une fois froid, vous pouvez utiliser une écouenne qui vous permettra de travailler la surface de votre retouche sans risquer de la creuser. Si vous n’avez pas d’écouenne et que vous ne souhaitez pas investir, vous pouvez utiliser de la toile émeri avec une cale de ponçage. Allez-y doucement, l’étain étant une matière tendre, vous pourriez trop poncer et vous retrouver avec un trou ou un creux.

Pour la finition vous pouvez utiliser une ponceuse orbitale avec du papier de verre à grain fin avec un peu d'eau. La ponceuse est recommandée car elle offre une régularité de travail inégalable à la main.

Cette méthode sera privilégiée par les plus conservateurs. En effet, cette technique n’est que très rarement employée en raison du coût assez élevé de l’étain et de la réussite parfois aléatoire du procédé. Elle reste néanmoins très utilisée pour la restauration de véhicules anciens, ceux-ci étant parfois déjà réparés avec ce moyen.

- les mastics divers et variés, pour carrosserie en tôle, fibres de verre et polymères. Pour utiliser du mastic, rien de plus simple, encore faut-il savoir quel type de mastic utiliser. On en compte 7 sortes :

Le mastic polyester universel, qui, comme son nom l’indique, est utilisé sur toutes les surfaces. Il possède une bonne adhérence et offre une bonne protection contre l’humidité.

Le mastic de finition est celui qui offre une texture lisse et un ponçage facile. Il est utilisé en particulier pour les petites traces.

Le mastic aluminium qui est composé de composants à haut contenu d’aluminium, donne une excellente protection contre la corrosion sur les parties métalliques de votre voiture

Le mastic plastique, il sera à recommander pour tous les véhicules dotés de parties à réparer en plastique (pare-chocs etc.).

Le mastic fibre de verre, utilisé pour les surfaces stratifiées de fibre de verre, il dispose d’une teneur renforcée qui le rendra indispensable pour reboucher les petits trous.

Le mastic monocomposant, employé pour les finitions et les retouches, il est très fin et facile à travailler. Idéal pour les rayures !

Étape 4 : la pose de l’apprêt pour protéger

Une fois votre carrosserie complètement réparée, vous devrez appliquer un apprêt pour protéger votre travail et faciliter la pose de la peinture. Selon le résultat voulu, la couleur souhaitée ou les parties que vous avez précédemment réparées, vous pourrez choisir parmi tous les apprêts suivants :

Les apprêts garnissants : utilisés sur l’acier, la tôle et le polyester, ce sont les apprêts les plus utilisés dans la carrosserie. Plus souvent bicomposant, ils existent aussi en monocomposant ce qui offre l’avantage d’un bas coût, mais le désagrément d’un travail un peu moins résistant. Attention cependant, ils ne disposent pas de propriétés anti-rouille.

L’apprêt phosphatant : utilisé sur la tôle, l’acier l’aluminium et le galva, il s’agit d’un monocomposant. Il s’utilise seulement avec du diluant. Même si l’application directe de la peinture est possible, il est préférable d’appliquer un apprêt garnissant avant. Il possède des propriétés anti-rouille qui empêcheront la rouille de surface de revenir sur votre carrosserie.

L’apprêt époxy : particulièrement utilisé lors de la remise en état de la carrosserie d’un véhicule de collection, l’apprêt époxy est un bicomposant à mélanger avec du durcisseur époxy. Possédant des propriétés anti-corrosion, il s’applique aussi bien sur de l’acier, de la tôle, de l’aluminium du galvanisé ou de l’inox.

L’apprêt zinc : utilisable uniquement sur de l’acier, il offre une bonne protection contre la corrosion. Monocomposant comme l’apprêt phosphatant, il est particulièrement utilisé pour les engins d’industrie (tracteurs, engins de chantier, BTP…). Si votre carrosserie présente des marques de rouille, il vous faudra appliquer un convertisseur de rouille ou décaper correctement la zone avant son utilisation.

L’apprêt plastique : comme son nom l’indique, il est à utiliser uniquement sur les plastiques. Déjà prêt à l’emploi, nul besoin de durcisseur ou de diluant, il vous suffira de l’appliquer directement sur la surface plastique à condition que celle-ci ne soit pas peinte. Même s’il est possible de peindre immédiatement après son application, il est tout de même conseillé d’appliquer une couche d’apprêt garnissant avant la peinture. Utilisable sur la majorité des plastiques auto-moto.

Ces apprêts sont déclinés en plusieurs couleurs. Cela est capitale pour l’esthétique finale, car elle peut influer sur la couleur finale. Les différentes couleurs des apprêts sont :

Avant de vous lancer, veillez bien à toujours utiliser un masque de protection, des gants, si besoin des lunettes et de travailler dans un espace bien ventilé.

En pots, les apprêts devront être mélangés avec leur diluant ou leur durcisseur. En aérosol, vous pourrez les utiliser directement.

Pour les utiliser, rien de compliqué :

- la surface que vous souhaitez apprêter doit être propre, sèche, lisse et dégraissée.
- vous devrez masquer les zones que vous ne souhaitez pas apprêter (verrerie, toiles, cuir...) ou que vous allez apprêter avec un autre produit (plastiques...). Pour cela, utilisez du scotch de carrossier et si besoin, pour protéger de plus grandes surfaces, des bâches.
- si vous utilisez un pistolet à peinture, faites le mélange des composants en respectant les doses indiquées. Si vous utilisez un aérosol, secouez-le bien avant de vous en servir.
- dès que votre surface est prête et que vos mélanges (si besoin) sont faits, pulvérisez en tenant une distance de 20 à 30 cm entre la carrosserie et le dispositif de pulvérisation.
- laissez sécher le temps indiqué sur le produit.

Pour un résultat uniforme, poncez l’intégralité de la carrosserie et appliquez un apprêt sur sa totalité. Une fois le temps de séchage respecté, l’apprêt peut être peint.

Étape 5 : la peinture

Pour les types de peintures, 3 possibilités s’offrent à vous :

Les peintures cellulosiques, appréciées pour leur rapidité de séchage, elles offrent une belle finition, mais sont compliquées à appliquer. Ses inconvénients sont : sa fragilité, les rayures sont faciles à faire, elle se ternit vite et les procédés d’application sont longs et fastidieux.

Les peintures glycérophtaliques séchage « air » sont appréciées pour la rapidité d’application, mais sont contraignantes. En effet, il faudra que vous pulvérisiez cette peinture et que vous laissiez votre voiture dans un endroit sec, chauffé (à 20°C) et sans poussière, car la peinture met environ 1 mois avant d’être complètement dure. Si ce délai n’est pas respecté, de la poussière pourrait se déposer sur la carrosserie et y rester.

Les peintures acryliques, qui sont les plus appréciées dans la carrosserie moderne. Elles disposent d’une plus grande dureté, d’une meilleure tenue de teinte et de préservation du brillant et permettent un rattrapage facile des petits défauts.

Dans tous les cas, assurez vous de bien pulvériser la peinture dans un endroit sec et ventilé en étant équipé des mêmes accessoires cités plus haut.

Enlevez la poussière et dégraissez avec un dégraissant approprié et un chiffon propre. Protégez les parties, comme les phares, les roues, les vitres, etc. que vous ne souhaitez pas peindre. Appliquez la peinture de la manière la plus uniforme possible avec un pistolet à peinture qui vous garantira un résultat impeccable. Vous pouvez utiliser le pinceau, mais les traces de passage seront très facilement visibles.

Une fois la première couche sèche, vous pouvez poncer avec du papier de verre à grain fin en allant doucement. Une fois fait, repassez une couche de peinture.

Si vous avez utilisé de la peinture mat, il faudra que vous utilisiez un vernis pour obtenir une finition brillante. Si vous avez utilisé une peinture brillante, vous pouvez passer à la dernière étape.

Étape 6 : le lustrage ou le cirage ?

Pour parfaire l’esthétique de votre véhicule de collection vous pouvez au choix :

Polir, mais attention : utilisez bien un polish de finition ou un polish de lustrage. Le polish de finition viendra supprimer les raccords de peinture, les petites rayures encore présentes et toutes les petites traces. Le polish lustrant permettra de supprimer les traces d’hologrammes. À utiliser avec une polisseuse et à fignoler avec un chiffon en microfibres.

Lustrer, ce qui donnera un aspect brillant à la peinture de votre voiture. Cette crème s’utilise à la polisseuse et viendra supprimer les micro-rayures restantes. Une fois la crème enlevée, finissez le lustrage en passant un chiffon en microfibres propre.

Cirer, qui empêchera la formation de perles de pluie, lutera contre les traces laissées par les insectes et les intempéries. Elle s’applique à la polisseuse. Terminez le cirage en utilisant un chiffon propre en microfibres pour enlever les dernières traces de cire.

Vous savez désormais tout pour restaurer la carrosserie d’un véhicule ancien de collection. À vous de jouer ! Et n'hésitez pas à nous envoyer les photos de vos restaurations !